Dans une déclaration politique publiée le 13 octobre 2026 à Kinshasa, l’Alliance des forces démocratiques du Congo (AFDC) de Modeste Bahati Lukwebo met en garde certains responsables de l’Union sacrée de la nation, qu’elle accuse de soutenir des individus s’autoproclamant dirigeants du parti sans titre ni légitimité. La formation politique réaffirme parallèlement son soutien au président Félix Tshisekedi et condamne ce qu’elle qualifie de nouvelle forme de rébellion, allant de l’AFDL au Front de résistance nationale (FRN) associé à l’ancien président Joseph Kabila.
L’Alliance des forces démocratiques du Congo (AFDC) hausse le ton face à ce qu’elle considère comme des ingérences dans son fonctionnement interne. Dans sa déclaration politique consacrée à la situation politique et sécuritaire du pays, le parti dirigé par le sénateur Modeste Bahati Lukwebo interpelle ouvertement les « caciques » de l’Union sacrée de la nation, la plateforme soutenant le chef de l’État, Félix Tshisekedi.
Le document, signé à Kinshasa le 13 octobre 2026 par le secrétaire général de l’AFDC, Guy-Richard Malongo Bilamba, au nom du président national statutaire et autorité morale du parti, actuellement hors du pays, dénonce le soutien présumé apporté par certains responsables de la majorité à des individus qui se présenteraient comme dirigeants de l’AFDC.
« L’AFDC saisit cette occasion pour mettre en garde les caciques de l’Union sacrée de la nation », indique la déclaration, qui accuse ces derniers de soutenir des personnes que le parti décrit comme étant « assoiffées d’argent et de pouvoir ».
Selon l’AFDC, ces individus s’autoproclameraient dirigeants de la formation politique « sans titre ni qualité et sans légalité ni légitimité ». À travers cette mise en garde, le parti entend défendre son organisation interne et contester toute prétention à sa direction qu’il ne reconnaît pas.
L’AFDC réaffirme son soutien à Félix Tshisekedi
Malgré cet avertissement adressé à certains membres de l’Union sacrée, l’AFDC insiste sur son appartenance à la majorité présidentielle et réaffirme son soutien au chef de l’État.
Dans sa déclaration, le parti affirme se ranger derrière Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo pour la paix, l’intégrité territoriale et la prospérité du peuple congolais.
Cette prise de position vise à clarifier son ancrage politique : si l’AFDC dénonce les agissements qu’elle attribue à certains acteurs de la majorité, elle ne remet pas en cause son appartenance à la plateforme présidentielle.
Le parti de Modeste Bahati Lukwebo entend ainsi distinguer son soutien au président de la République des différends qu’il dit avoir avec certains responsables de l’Union sacrée sur la question de sa représentation et de sa direction.
Le FRN de Joseph Kabila également dans le viseur
La déclaration de l’AFDC ne se limite pas aux tensions internes à la majorité présidentielle. Elle porte également sur la situation sécuritaire en République démocratique du Congo, avec une condamnation ferme de ce que le parti qualifie de « nouvelle forme de la rébellion », qu’il fait remonter de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL) au Front de résistance nationale (FRN) associé à l’ancien président Joseph Kabila.
L’AFDC accuse ce mouvement d’être à l’origine de pertes en vies humaines, de déplacements de populations, de la destruction du tissu économique, social, culturel et coutumier, ainsi que de la confiscation de biens appartenant à l’État et à des personnes privées.
La formation politique estime que ces actes violent notamment l’article 34 de la Constitution congolaise, qui garantit le droit de propriété.
Elle condamne également le recours aux armes pour régler les différends et dénonce le pillage des ressources naturelles du pays.
Ces accusations sont celles formulées par le parti dans sa déclaration politique du 13 octobre. Elles n’établissent pas, à elles seules, la responsabilité juridique des personnes ou des groupes visés.
Le dialogue inclusif présenté comme seule issue durable
Sur le plan de la résolution de la crise, l’AFDC rejette l’idée d’une issue exclusivement militaire. Elle se dit convaincue que la guerre ne permettra pas, à elle seule, de rétablir durablement la paix en RDC.
Le parti plaide plutôt pour un dialogue « sincère et inclusif », dans la ligne de l’option qu’il attribue au président Félix Tshisekedi.
Selon la déclaration, cette démarche politique devrait favoriser le retour à une paix durable, la réunification du pays et la préservation de l’intégrité du territoire national, tout en évitant le risque de partition de la République démocratique du Congo.
Cette position place le dialogue au centre de la réponse politique préconisée par l’AFDC face à la crise sécuritaire, tout en maintenant une condamnation ferme du recours aux armes.
Un double message politique
À travers cette déclaration, l’AFDC adresse un double message. Sur le plan sécuritaire, elle condamne le FRN associé à Joseph Kabila et appelle à privilégier une solution politique à la crise. Sur le plan partisan, elle met en garde certains responsables de l’Union sacrée qu’elle accuse de soutenir des personnes dont elle conteste la légitimité à diriger sa formation.
En réaffirmant son soutien à Félix Tshisekedi, le parti de Bahati Lukwebo maintient son positionnement au sein de la majorité présidentielle, tout en exigeant, selon les termes de son communiqué, le respect de son organisation et de sa direction statutaires.
La déclaration est signée par Guy-Richard Malongo Bilamba, secrétaire général de l’AFDC, au nom du président national statutaire et autorité morale du parti, le sénateur professeur Modeste Bahati Lukwebo.
Meschack LOFAKA