Alors que la République Démocratique du Congo fait face à l’agression rwandaise, le front politique s'enflamme dans le Grand Bandundu. Ce samedi 24 octobre 2026, à Pont Kwango, le Ministre Samuel Mbemba Kabuya a transformé un rassemblement de plus de 10 000 personnes en une offensive directe contre l'ancien président Joseph Kabila, accusé de collusion avec l'ennemi.
Dans la bataille de l'opinion publique qui accompagne la crise sécuritaire à l'Est du pays, chaque tribune compte. Réuni devant une foule compacte dans la commune rurale de Pont Kwango, le Ministre et héritier politique du patriarche Christophe Mboso, Me Samuel Mbemba Kabuya, a sciemment déplacé le débat sur le terrain de la loyauté nationale et de la souveraineté.
Au-delà de l'appel classique au soutien des institutions, la prise de parole du ministre marque une étape franchie dans la rupture idéologique et politique avec l'ancien régime. En pointant ouvertement du doigt les rapprochements imputés à Joseph Kabila avec le Rwanda et la rébellion du M23, Me Samuel Mbemba remet en cause le bilan sécuritaire et les véritables motivations de l'ancien chef de l'État durant son règne.
Pour le pouvoir en place, il ne s'agit plus seulement de dénoncer l'agression extérieure, mais de traquer ce qu'il qualifie de complicités internes. L'objectif est clair : disqualifier politiquement toute alternative incarnée par l'ancienne majorité présidentielle en la liant directement aux déstabilisations de l'Est.
Le choix du lieu n'a d'ailleurs rien d'un hasard. En mobilisant massivement à Pont Kwango, bastion stratégique, la majorité présidentielle cherche à sécuriser l'ancrage territorial du Chef de l'État, Félix Tshisekedi, dans cette partie du pays. En appelant la population à « faire barrage » aux ambitions de Joseph Kabila, Me Samuel Mbemba érige le soutien au Président de la République en un devoir patriotique face à la menace sécuritaire.
Une stratégie de polarisation qui place désormais le débat politique national sous un prisme binaire : le soutien à la souveraineté derrière le Chef de l'État ou la connivence avec les forces de déstabilisation.
Chico Nkosi